
Winter's Bone
de Debra Granik,
Genre : Drame
Nationalité : U.S.A
Année de sortie : 2010
Durée : 01h39
Version :
À 17 ans, Ree soccupe seule de son frère et de sa soeur. Et puis aussi de sa mère, qui a depuis longtemps choisi de semmurer dans un silence presque catatonique. Ree fait bouillir la marmite à partir de petits cadeaux des voisins et décureuils quelle chasse dans la forêt. Elle élève petit frère et petite soeur à la dure tant il est évident, pour elle, que vivre signifie dabord survivre.
Le père, Jessup, qui fabriquait artisanalement des amphétamines, est en fuite et personne na de nouvelles de lui jusquau jour où le shérif passe pour annoncer à Ree que Jessup a mis la maison en gage pour payer sa caution et que, comme il na vraisemblablement pas lintention de se présenter au tribunal la semaine suivante, la maison va être saisie. Ree, qui na pas plus envie de dénoncer son père que de se retrouver à « vivre dans les champs comme des chiens », va essayer de retrouver ce père qui a disparu, comme happé dans un monde désolé où parler à un étranger pourrait ressembler à un péché capital. Dans cette région perdue des confins du Mississipi et de lArkansas, lomerta est une loi intraitable et, où que son odyssée la mène, Ree se trouve en butte à une hostilité déclarée, hostilité que son statut de femme ne fait que renforcer. Pourtant, il lui faut bien retrouver son père, même si, pour cela, elle devait découvrir quil est mort
Pour son deuxième film, Debra Granik a frappé fort. Très fort et très juste. Plutôt que de sappesantir en un récit misérabiliste sur les malheurs de Ree et de sa famille, elle a choisi une forme qui frôle parfois le thriller sans pour autant tomber dans les travers habituels de ce genre. Ree est une combattante qui ne baisse jamais les bras, ne savoue jamais vaincue et sait tenir tête aux différents durs avec lesquels traînait son père et, pour la faire vivre à lécran, D. Granik a trouvé une actrice tout bonnement stupéfiante, Jennifer Lawrence, dont le regard déterminé risque de vous hanter longtemps, tout comme les images grises, faussement sales, de ces paysages désolés des monts Ozark. Et le reste de la distribution est à la hauteur. Le tout a été salué par deux prix au festival de Sundance et quatre nominations pour les Oscars.
ER
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