Les Rayons et les ombres
de Xavier Giannoli
Genre : Drame
Nationalité : France
Année de sortie : 2026
Durée : 03h15
Version : Couleur
Public : Tout public
Jean, journaliste français et Otto, francophile allemand, se battent pour la paix en Europe. Corinne, fille de Jean, est une star de cinéma débutante. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Jean devient promoteur de la Collaboration avec l'occupant, Otto, ambassadeur du Reich à Paris. Corinne se trouve jetée dans la fosse aux lions…
Après l'adaption de Balzac avec Illusions perdues, Xavier. Giannoli réussit une grande fresque cinématographique qui explore les zones les moins reluisantes de l'histoire de France (Elle s'inspire d'une histoire réelle). La mise en scène est formidable et le trio d'acteurs excellent. C'est aussi une intense histoire d'amour entre un père et sa fille : Jean Dujardin y trouve sans doute son meilleur rôle dramatique et Nastya Golubeva rayonne (un prénom et un nom à retenir).
Bande annonce
Les séances : Vous pouvez Acheter vos places en ligne
Ce film a été programmé aux cinémas Studio
- Semaine du Mercredi 18 Mars 2026 au Mardi 24 Mars 2026
- Semaine du Mercredi 25 Mars 2026 au Mardi 31 Mars 2026
- Semaine du Mercredi 1 Avril 2026 au Mardi 7 Avril 2026
- Semaine du Mercredi 8 Avril 2026 au Mardi 14 Avril 2026
- Semaine du Mercredi 15 Avril 2026 au Mardi 21 Avril 2026
- Semaine du Mercredi 22 Avril 2026 au Mardi 28 Avril 2026
- Semaine du Mercredi 29 Avril 2026 au Mardi 5 Mai 2026
- Semaine du Mercredi 6 Mai 2026 au Mardi 12 Mai 2026
- Semaine du Mercredi 13 Mai 2026 au Mardi 19 Mai 2026
Définition des pictos :
- Séance 3D
- Ciné Relax
- Version française
- V.O + Sous-titrage (FR)
- Sans Paroles
- Audio description

Votre avis
Commentaire de DIDIER BOUCARD |
Une très belle réussite que ce film de plus de 3 heures,
Un film qui percute l’actualité par moment, comme de l’imaginait pas le réalisateur lors du tournage ????
Commentaire de Thierry FOULLON |
Oui une puissante fiction (seuls les personnages sont réels) qui percute notre réalité du présent, effectivement on ne voit pas passer les 3h 15
Commentaire de Ph.P |
Excellent film.
Un premier argument ? → près de 100 terminales, en 2026, assis 3h15 sans broncher ou presque, lors d’une séance matinale, happés pour la plupart par l’histoire et peut-être même l’Histoire. Les élèves aiment l’exigence quand ils se sentent justement élevés (what else ?) par celle-ci. Et effectivement, ce film élève, édifie absolument tout spectateur de bonne foi, c’est-à-dire ouvert à la réflexion, prêt à sortir de schémas pré-construits par telle ou telle chapelle politique ou historique réduisant de facto la pensée. On en ressort avec l’envie curieuse de lire, d’approfondir ses connaissances, de s’introspecter quant à ses principes moraux, ou à ses propres « glissements » éventuels. Bref, on en ressort avec plus de questions que d’affirmations. Donc du grand cinéma !
Certains esprits mal intentionnés accusent Giannoli d’avoir tordu l’Histoire (c’est faux) alors qu’eux-mêmes tordent son œuvre cinématographique au profit de leur position politique : ainsi du côté de l’extrême-droite jacquesapiriste (encore un qui a glissé, chef), on reproche au film des détails : Moguy serait ainsi Russe, ben oui ça arrangerait Sapir cette figure positive ; et pis, c’est écrit sur le wikipedia français. Pourtant, sur le wikipedia anglophone, il est bien Ukrainien et de toute façon, ses papiers d’état civil auraient brûlé pendant la Révolution russe.
(https://api.pageplace.de/preview/DT0400.9782140107719_A45667565/preview-9782140107719_A45667565.pdf).
Du même côté, on reproche à Giannoli de ne pas avoir évoqué l'exposition sur la France Européenne organisée par Jacques de Lesdain. Ben oui, quoi, si on pouvait se servir de ce film pour faire de l’Europe un projet nazi, faudrait pas se gêner… D’autres, à l’opposé, bêtement soupçonneux d’une réhabilitation de la collaboration, reprochent au film de ne pas avoir filmé les atrocités (on faisait d’ailleurs le même reproche à la « Zone d’intérêt »). Ceux-là n’ont rien compris à l’approche de Giannoli qui pourtant sème des indices : « Paris, la ville sans regard », expression évoquée par la narratrice. Justement, le problème, c’est que les atrocités, ces gens refusent de les voir, « ne cherchent pas à savoir ». Comme pour « La Zone d’intérêt », le réalisateur mise sur l’intelligence consciente du spectateur. Visiblement, pour quelques-uns, le pari est perdu.
Le projet des 7 ans de travail de Giannoli, c’est de « rendre l’Histoire à une contingence humaine » (18 mars 2026 #ccesoir). Finalement, à l’exemple des poumons tachés de Luchaire passés à la radiographie, Giannoli projette une même radiographie de l’âme de ce collaborationniste (et au passage d’Abetz, parfaitement interprété par August Diehl) et d’une époque, sévèrement maculées. Ainsi, les vomissements (de soi et sur soi), la contamination père, fille (etc.) prennent une dimension métaphorique essentielle. Alors oui, Giannoli prend soin de border le film de repères moraux (ceux qui se lèvent, protestent et partent, ceux qui meurent sous la torture, le réquisitoire de Torreton alias le grand-père de Vincent Lindon) mais il ne s’agit pas d’un mièvre recensement des bons et des méchants, mais bien plutôt d’une tentative d’analyse de la possible porosité au mal de certaines âmes humaines ; celle de Luchaire se situe au croisement d’un hédonisme punk irrigué peut-être par l’idée d’une mort proche et de l’enivrement causé par la reconnaissance sociale et/ou intellectuelle → à l’exemple d’Abetz, professeur de dessin sans grand relief propulsé ambassadeur du Reich. Il ne faut jamais négliger le moteur du ressentiment (national, social, individuel) dans l’émergence des dictatures.
Finalement, on suit le cheminement de Luchaire qui s’aventure à l’insu de son plein gré toujours plus près du gouffre idéologique nazi avant d’y être finalement happé ; la migration factuelle vers Sigmaringen est de, ce point de vue, très symbolique. Luchaire est présenté comme un personnage chaotique dont la capacité de pensée finit par être remplacée par l’unique notion d’intérêt : son intérêt personnel, celui de sa fille, celui d’Abetz qui, tout autant, a les siens propres. Finalement, on n’est pas si loin d’une approche arendtienne de la disparition de la pensée.
La force du film, c’est qu'il dépasse largement l'interrogation sur le bien, le mal pour se concentrer sur la porosité entre les deux ; il pose même question de l’instrumentalisation du bien (par ex, le rapprochement pacifiste franco-allemand) au service du mal.
Ceux qui connaissent l’histoire de August Landmesser, adhérent au parti nazi, et la photo iconique de son non-salut hitlérien dans la foule d’un chantier naval de Hambourg ont conscience que l’Histoire ne s’appréhende réellement que par les histoires des êtres. Evidemment, le parcours de Luchaire est complètement inverse.
Merci Giannoli !
Commentaire de Ph.P |
Pardon, il faut lire : "la capacité de penSER"
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