Les Misérables

Les Misérables

de Ladj Ly

Avec
Damien Bonnard
Alexis Manenti
Djebril Didier Zonga
Issa Perica
Al-Hassan Ly

Genre :

Nationalité : France

Année de sortie : 2019

Durée : 01h42

Version : Couleur

Public : Tout public

Débarquant de Cherbourg, Stéphane intègre la BAC de Monfermeil dans le 93. Ses nouveaux coéquipiers lui font découvrir le quartier, les tensions entre les différents groupes, le trafic de drogue, les nouvelles filières de prostitution, les arrangements en tous genres. Très vite ils se trouvent débordés lors d'une interpellation...

Inspiré d'un fait divers réel, une bavure qui a eu lieu en 2008 à la cité des Bosquets et dont le réalisateur a été témoin (il filmait alors chaque intervention policière), Ladj Ly s'est voulu dans la filiation de La Haine de Kassovitz et des premiers Spike Lee. Pour son 1er long-métrage de fiction, il entre dans cette poudrière qu'il filme depuis des années et où il vit toujours, avec un sens du rythme époustouflant, alternant épisodes de forte tension et scènes de comédie. Il parvient à éviter tout manichéisme, les flics ne sont ni des salauds fachos ni des modèles de vertu et, en face, les petits et grands frères forment une galerie de personnages impressionnants, flamboyants, pleins de fierté taiseuse ou de colère déchaînée. Formidable directeur d’acteurs, il parvient à faire comprendre les raisons de chacun, et pourquoi l’explosion fatale est possible à tout moment. Cette œuvre coup de poing a reçu le Prix du jury au dernier festival de Cannes et le prix d'Ornano à celui de Deauville.

Bande annonce

Les séances : Vous pouvez Acheter vos places en ligne

Du Mercredi 4 Décembre 2019 au Mardi 10 Décembre 2019

Du Mercredi 11 Décembre 2019 au Mardi 17 Décembre 2019

  • Mercredi 11 Décembre :
    19h00
  • Vendredi 13 Décembre :
    19h00
  • Samedi 14 Décembre :
    19h00
  • Dimanche 15 Décembre :
    19h00
  • Lundi 16 Décembre :
    19h00
  • Mardi 17 Décembre :
    19h00
  • Séance 3D
  • Ciné-ma différence
  • Version française
  • V.O + Sous-titrage (FR)
  • Sans Paroles
  • Audio description

Votre avis

    Commentaire de Hervé RIGAULT |

    Une mise en garde ? Une prophétie ?
    Dans la cité, où les anciens et les femmes semblent avoir disparu, où les enfants ne sont que des microbes, la BAC livrée à elle même et les autres tauliers du quartier, trop occupés par la mise en scène quotidienne de leur face à face, fait d'une surenchère virile multiforme, ne voient rien venir. La scène finale marquera un retour du refoulé que Ladj Ly laisse opportunément en suspens, comme une ultime chance de se réveilller .
    "Il n'y a pas de mauvaises graines ... il n'y a que de mauvais cultivateurs" nous rappelle le générique final. Il est grand temps de transformer l'agriculture.

    Commentaire de Jacques Chenu |

    Quelle démonstration ! Quelle violence ! Une fiction peut s’avérer plus VRAIE et aussi réaliste qu’un bon documentaire. Ladj Ly, le réalisateur, maîtrise bien son sujet, il est né et il habite dans cette banlieue.
    Le point de vue d’un policier stagiaire qui débarque de la province est un excellent choix, il permet de poser un regard relativement distancié sur la situation, tout en étant en immersion sur le terrain. Pas de manichéisme ni de démonstration pesante ici, mais la description choc et factuelle d’un engrenage, de comportements individuels presque toujours agressifs, de rivalités, mais aussi de solidarités. Corruption, magouilles, luttes de pouvoir entre religieux, dealers, chefs de gangs, autorités, sont clairement exposées, on se rend compte à quel point des décennies de politiques libérales basées sur le profit et l’exclusion ont engendré cette situation explosive, ingérable et invivable pour les habitants des banlieues.
    Ce film est un bel hommage très pertinent à Hugo et c’est aussi la réflexion d’un cinéaste sur le pouvoir grandissant des images. Un début de solution, une lueur d’espoir pour enfin déclencher une prise de conscience et ouvrir la voie vers plus de justice ?

    Commentaire de CLAUDE DU PEYRAT |

    Film magnifique d’intelligence. Ladj Lya a bien insisté dans ses interviews : il ne prend pas parti. Pas de bon ni de méchant. La citation extraite des Misérables de Victor Hugo en fin de film le confirme. Le final va dans le même sens : le gamin ne lance pas son projectif, le policier renonce à tirer. Egalité partout. En apparence seulement : car il y a cette révolte des gamins qui emporte tout, dans une violence à la fois maîtrisée et sans retenue. Eux ne tiennent pas compte des bons et des méchants, tous dans le même panier, méchants, encore méchants, toujours méchants. Policiers, dealers, trafiquants en tous genres. Bref tous les adultes qu’ils rencontrent dans leurs vies gâchées, détruites par la bande d’adultes de tous bords qui savent s’entendre pour défendre leurs intérêts et qui sont prêts à toutes les compromissions pour y parvenir. La vérité ne sort pas que de la bouche des enfants (ils agissent en silence), mais de leur révolte.
    Quelle vérité ? Ils n’en ont pas à avancer, ils effacent ou plutôt ils tentent d’effacer les mensonges et les trahisons des adultes. Ça me rappelle certains gilets jaunes qui n’avaient que leur révolte pour relever la tête et à qui nous n’avons souvent su opposer qu’un certain mépris condescendant.
    Bien sûr ce sont des tentatives sans espoir, vouées à l’échec. Le monde court à sa perte. C’est tout ce que Ladj Ly nous dit avec une grande intelligence. Et une grande force artistique. Les Misérables : un film à ne pas oublier.
    CdP

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