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Leto

Leto

de Kirill Serebrennikov

avec Teo Yoo, Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Filipp Avdeyev, Nikita Efremov

Genre : Drame

Nationalité : Russie

Année de sortie : 2018

Durée : 02h06

Version : Couleur

Viktor Tsoi, Mike Naumenko ; ces deux noms ne vous disent, peut-être, pas grand chose, mais, ce ne sera plus le cas, et certainement pour longtemps, quand vous sortirez de Leto (L’Été).

Viktor Tsoi est un musicien culte en Russie, leader du groupe de rock Kino, mort en 1990, à 28 ans, dans un accident de voiture. Mike Naumenko, musicien également, était, lui, le leader du groupe Zoopark. Légèrement plus âgé, il mourut lui aussi, et non moins tragiquement, un an après Viktor Tsoi. Leto ne retrace que partiellement les trajectoires fulgurantes de ces deux comètes rock, il se focalise sur l'été 1981 quand Viktor déboule dans la vie de Mike, sa compagne Natasha et leur enfant. Au cours de cet été, ils vont se découvrir, s'aider, s'aimer et révolutionner la scène rock, le tout dans la Russie de Brejnev bousculée par une jeunesse qui fit de Changements !, un tube de Kino, son hymne. La description fine et passionnante de tout un pan ignoré de cette société fait à la fois peur et rire, notamment quand les autorités demandent aux musiciens, pendant leurs concerts, de ne pas jouer, ni chanter, trop fort ; et au public de rester assis en silence et sans bouger.

Être brimé par le pouvoir politique, Kirill Sebrennikov, le réalisateur, sait ce que c'est, lui qui est assigné à résidence depuis août 2017, dont le procès (à l'heure où ces lignes sont écrites) est encore en cours et que son pays n'a pas autorisé à venir présenter son film au dernier festival de Cannes.

Déjà auteur du mémorable Le Disciple, Kirill Sebrennikov signe avec Leto une œuvre superbement baroque et très inventive formellement. Sur fond, en plus des créations de Kino et Zoopark, de tubes occidentaux (Psycho killer de Talking Heads, The Passenger de Iggy Pop, Perfect day de Lou Reed, entre autres) revisités et irrésistibles, le film montre un enthousiasme et une énergie vraiment contagieux. Sans jamais tomber dans ce qui pourrait être les clichés de ce genre de sujet (on est loin du biopic style Sex, drugs and rock'n roll), il est servi par une étourdissante mise en scène, une très grande générosité et des personnages hauts en couleurs. Tout autant gai que mélancolique (la glasnost s'annonce), magnifié par son noir et blanc, Leto est la chronique, enivrante et solaire, d'un trio amoureux pour qui l'été sera à jamais sans fin.

JF

Bande annonce

Séances

  • Vendredi 14 Décembre :
    14:00
    16:45
    19:15
  • Samedi 15 Décembre :
    14:00
    16:45
    19:15
  • Dimanche 16 Décembre :
    14:00
    16:45
    19:15
    21:15
  • Lundi 17 Décembre :
    14:00
    16:45
    19:15
  • Mardi 18 Décembre :
    14:00
    16:45
    19:15
    21:15
  • Mercredi 19 Décembre :
    16:45
    21:15
  • Jeudi 20 Décembre :
    16:45
    21:15
  • Vendredi 21 Décembre :
    16:45
    21:15
  • Samedi 22 Décembre :
    16:45
    21:15
  • Dimanche 23 Décembre :
    16:45
    21:15
  • Lundi 24 Décembre :
    16:45
  • Mardi 25 Décembre :
    16:45
    21:15
  • Mercredi 26 Décembre :
    19:00
  • Jeudi 27 Décembre :
    19:00
  • Vendredi 28 Décembre :
    19:00
  • Samedi 29 Décembre :
    19:00
  • Dimanche 30 Décembre :
    19:00
  • Lundi 31 Décembre :
    19:00
  • Mardi 1 Janvier :
    19:00

Critiques

  • Commentaire de Jacques Chenu |

    Par un étrange hasard, nous avons deux « films du mois » de suite dont l’action se déroule en Russie, mais c’est bien leur seul point commun. Ici en effet, on est à l’opposé de la lenteur, de la sobriété et du dépouillement de Àga, on est dans l’excès, le bruit et la fureur de vivre, à tous les points de vue, ça déménage à tous les étages. Serebrennikov fait preuve d’audace et d’inventivité dans la mise en scène avec des images très originales où se mélangent graphismes de BD, cartoons et images classiques, il y a un peu de la dinguerie de Tex Avery dans cette réalisation. Le réalisateur joue aussi dans certaines scènes très drôles, sur l’opposition comique entre les jeunes chanteurs punk rock du début des années 80 et l’attitude rigide et hostile des apparatchiks brejnéviens. L’ensemble est donc vraiment déjanté, parfois drôle, et très intéressant dans sa description de la société russe de l’époque, même si cependant, j’ai trouvé le film un peu long.

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