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Les Eternels

Les Eternels - Ash is purest white

de Zhangke Jia

avec Zhao Tao, Fan Liao, Zheng Xu, Feng Xiaogang, Yi'nan Diao

Genre :

Nationalité : Chine

Année de sortie : 2019

Durée : 02h16

Version : Couleur


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2001. Dans la province du Shanxi, un couple vit en marge des conventions. Bin est un petit chef de la pègre locale de la ville de Datong. La jeune Qiao, fille de mineur, est amoureuse de Bin et lui est toute dévouée. Mais les rivalités entre bandes, comme les affaires, prospèrent et lorsqu’un jour Bin est pris à parti, Qiao prend sa défense en tirant des coups de feu.

 

Après cinq ans de prison, elle sort mais personne ne l’attend… Qiao, toujours éprise, part à la recherche de Bin, mais la donne semble bien avoir changé du côté du petit chef.

 

Dix années plus tard, Qiao, régnant en parfaite maîtresse sur une maison de jeu du Shanxi, est contactée par Bin. Usé par les épreuves, l’homme vient pour la retrouver…

 

En sélection officielle au Festival de Cannes, Les Eternels est le dernier opus de l’illustre réalisateur chinois, Jia Zhang-Ke. Rappelons Xiao Wu, artisan pickpocket (1997), Still Life (2006) primé du Lion d’Or à Venise, A Touch of Sin (2013) récompensé pour son scenario au Festival de Cannes, le documentaire I Wish I Knew (2010) et Au-delà des montagnes (2015), tous deux présentés à Cannes. Sa muse et épouse, Zhao Tao, à nouveau à l’écran dans une de ses œuvres, incarne avec Qiao autant une femme éprise de son chef que soucieuse du respect de la loi du milieu. Devenue froide voire implacable, du moins en apparence, Qiao évolue presque telle une héroïne antique enfermée par son destin (mélo)dramatique, écartant même à un moment une éventuelle issue…

 

Le réalisateur et scénariste dresse un pays et une société en mutation. Certains paysages semblent vides. À Datong, la mine est abandonnée et les ouvriers doivent partir. Le second temps de l’histoire se situe dans la région des Trois Gorges au bord du fleuve Yangtsé, où la construction d’un barrage menace des villes.

 

Le titre chinois du film est emprunté à un projet de Fei Mu, grand cinéaste des années 1930 et 1940 : Jianghu Ernü. « Ernü » désigne des hommes et des femmes qui osent aimer et haïr. À « jianghu », signifiant « rivières et lacs », correspond l’idée d’un monde pétri de drames, d’émotions et de dangers. Ainsi, se révèle « un monde d’individus qui osent défierl’ordre dominant, qui vivent selon les principes moraux de la bonté etde l’hostilité, de l’amour et de la haine.Le titre chinois dit presque tout ».

                                                                                                                                                                                RS

Bande annonce

Séances

Ce film a été diffusé aux cinémas Studio :

  • Semaine du Mercredi 27 Février 2019 au Mardi 5 Mars 2019
  • Semaine du Mercredi 6 Mars 2019 au Mardi 12 Mars 2019
  • Semaine du Mercredi 13 Mars 2019 au Mardi 19 Mars 2019
  • Semaine du Mercredi 20 Mars 2019 au Mardi 26 Mars 2019

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Critiques

  • Commentaire de Hervé RIGAULT |

    Trois titres pour un seul film.
    « Jianghu Ernü Le titre chinois dit presque tout . « Ernü » désigne des hommes et des femmes qui osent aimer et haïr. À « jianghu », signifiant « rivières et lacs », correspond l’idée d’un monde pétri de drames, d’émotions et de dangers. »
    Ash is purest white, le titre anglais évoque la pureté du blanc des cendres, celles du destin des personnages.
    Les Éternels le titre français, laisse, une fois de plus, perplexe.

    Au delà du mélodrame, le film me semble avant tout traiter de la question du temps dans la Chine de ce début du XXIème siécle, où tout, les fondements économiques, les groupes sociaux, leurs morales, les hommes et les femmes doit sans cesse disparaître et le plus vite possible.
    La première partie du film, la plus dense, a quelque chose d’une comédie musicale (influence de Zhao Tao?). La morale communiste, celle des mineurs cède doucement sa place à la morale de la petite pègre locale. Bin et Qao sont parfaitement synchrones, ils s’abreuvent du cocktail des rivières et des lacs, ils tiennent la ville dans le creux de leurs mains et tous leur obéissent au doigt comme à l’oeil. La danse et les chansons populaires sont omniprésentes. Même la scène de baston dans les rues de la ville relève de la chorégraphie que vient figer le coup de revolver lâché par Qiao pour sauver Bin.
    Les parties suivantes, qui tirent forcément un peu en longueur, viennent à mon sens marquer le temps de la désynchronisation. La morale de la pègre fait place à la morale - ou plutôt à l’absence de morale - capitaliste. A Datong, le temps de la gare TGV presque déserte a succédé au temps de la mine et à son effervescence. Les rivières et les lacs ne se rejoignent plus et le couple Qiao Bin ne parviendra pas à se reformer. Qiao ne dansera plus et la seule chanson qu’elle reprend est celle de la déception. Restent les cendres et leur pureté ?

  • Commentaire de Hervé RIGAULT |

    PS Ils croyaient s’ouvrir au monde, dix ans plus tard, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont que des prisonniers de la planète terre sous le règne de la marchandise, comme nous tous. Restent les cendres et leur pureté .

  • Commentaire de Jacques Chenu |

    Sujet du film : la Chine contemporaine et l’ouverture du communisme au libéralisme économique. Qu’est-ce qui a changé selon Jia Zhang-Ke ? Apparemment, on n’a que du PLUS : plus de corruption, plus de violence, plus d’inégalités, plus de chaos… Mais a-t-on plus de libertés individuelles en échange ? Même pas ! Comme sous Mao, on déplace des populations et on surveille tout le monde.
    Ce film est donc une peinture au goût très amer d’une société à la fois déliquescente et en pleine mutation. En fait, tout est dit dans le premier plan (vue aérienne d’une ville en ruines) et dans le dernier plan du film (je ne peux pas vous le décrire…). Entre les deux, on a une histoire d'amour qui se déroule sur 17 ans, de 2001 à 20018, avec d’importantes ellipses et aussi des scènes lentes, silencieuses, étirées et éthérées, entrecoupées de rares scènes chorégraphiées de violence.
    Hélas, dans cette société encore attachée à son orientalisme et où règne un ordre de façade, seule la pègre semble être porteuse de valeurs morales. Et le personnage fort et viril du film qui porte haut les valeurs morales de cette pègre, c’est la femme : elle seule, est loyale, fidèle, autoritaire et respectée, bien que trahie par son amant. C’est donc une tragique histoire d’amour.
    Une petite critique cependant en forme de boutade à la Woody Allen, Les Éternels, c’est long, surtout, vers la fin…

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