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avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners… Jacques Audiard n’en est qu’à son sixième long-métrage mais quel parcours sans faute ! Après Regarde les hommes tomber (94), ce fut Un héros très discret (96) puis Sur mes lèvres (01) et De battre mon cœur s’est arrêté (05), il y eut l’énorme succès (amplement mérité) de Un Prophète en 2009 (grand prix du jury à Cannes, prix Louis Delluc, prix Lumière, Césars des meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario). Avec son nouveau long-métrage, à quoi pouvait-on s’attendre ? A un film totalement enthousiasmant, d’une folle ambition narrative et visuelle (totalement assumée), porté par un duo d’acteurs exceptionnels.
L’histoire : celle d’Ali, un colosse qui fuit on ne sait quoi en Belgique pour rejoindre sa sœur dans le sud de la France avec sur ses épaules, son fils de cinq ans. Sur la côte d’Azur, il va vivre de petits boulots auxquels son physique le prédispose (videur dans une boîte, gardien de nuit) avant de se lancer dans l’hyper violence de paris sur des combats à mains nues… C’est celle aussi de Stéphanie, une belle dresseuse d’orques au Marineland d’Antibes. Un jour, au cours d’un spectacle, un orque saute hors du bassin et lui tranche les deux jambes… Ali, qu’elle avait rencontré lors d’une bagarre à la sortie d’une boîte, va lui redonner le goût de vivre…
Inspiré de nouvelles de l’écrivain canadien anglophone Craig Davidson, De rouille et d’os est un film bouleversant qui devrait frapper le Jury du Festival de Cannes où il est en compétition. Notamment par le jeu de ses acteurs : Marion Cotillard est incroyable en princesse détruite puis renaissante. Matthias Schoenaerts, mélange de force aveugle et de douceur, continue à surprendre par l’intensité de son jeu (après Bullhead l’un des ovnis de l’hiver). On retrouve aussi le formidable Bouli Lanners et Corinne Masiero qui avait bouleversé le public avec le beau Louise Wimmer.
On parle souvent de « film de la rentrée », voici l’un des films de la fin de saison à ne pas manquer et dont certaines scènes resteront inoubliables (et qui entre étrangement en résonnance avec Intouchables puisqu’il s’agit encore une fois d’un couple dont l’un est en fauteuil). Comme l’écrit Le Monde : « S'il fallait encore administrer la preuve du grand talent de Jacques Audiard, on la trouverait dans la manière dont il parvient à rendre vraisemblable, sensuelle et émouvante la relation quasi mécanique (il l'aide à jouir, elle l'aide à aimer) qui s'instaure entre la belle et la bête. »
DP
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