Soutien à la diversité culturelle à Tours - pétition

Les cinémas Studio, complexe indépendant composé de sept salles, propose un service culturel et de loisirs ouvert à tous. Il est animé et géré par plus de soixante bénévoles (dont quarante membres actifs), une équipe de 20 salariés, ainsi que deux cents correspondants, dont l'objectif principal est de rendre accessible au plus large public, un cinéma de qualité. Les Studio se démarquent par : une politique de prix abordables, une fidélisation du public grâce à un abonnement aux Carnets des Studio, donnant droit à des tarifs privilégiés.

Mais aussi des films étrangers en version originale, des sorties nationales, des films Art-et-Essai ou Recherche, du cinéma d'auteur, des cinématographies de pays, des venues de réalisateurs, d'acteurs, des festivals, des rétrospectives...

 

 

Petit historique,
Tout a commencé le 9 mars 1963 par la projection de Psychose pour inaugurer la première salle des Studio, ouverte dans les locaux d'une ancienne institution religieuse avec le label " art et essai ".

Plus de quarante ans plus tard, après moult péripéties, les Studio ont 7 salles, toutes classées " art et essai " (avec le label " recherche et découverte " et " Jeune public "), emploient 20 salariés (assurant les projections, l'accueil, les caisses, les contrôles, le secrétariat, l'entretien, le site internet…) avec l'appui d'une quarantaine de membres actifs bénévoles (dans des commissions chargées de la programmation, de la rédaction des carnets, de la gestion du centre de documentation, de l'animation, de la gestion, du jeune public, des festivals et du CNP bien sûr) et de quelques 200 correspondants chargés de diffuser les programmes sur leur lieu de travail… bref l'un des premiers complexes " art et essai " de France et l'un des outils culturels incontournables de l'agglomération tourangelle et de la région Centre avec ses quelque 20 000 abonnés.

En 1961, la fréquentation cinématographique qui n'avait cessé de croître depuis 1952, commença, à Tours comme ailleurs, une chute continue qui entraîna la fermeture, les unes après les autres, des salles de quartiers, puis la disparition des petits exploitants indépendants au profit des grands circuits. Un groupe de cinéphiles tourangeaux, animateurs de ciné-clubs (" culture et cinéma ", " film et culture ", " les ciné-clubs ruraux de Touraine ") se regroupèrent autour de l'abbé Henri Fontaine (un ancien curé de campagne qui, dans les années cinquante passait du Cayatte à Bourgueil dans une salle paroissiale), pour fonder TEC (Technique Education Culture).

L'association naissante reprenait le Myriam-ciné, un cinéma en faillite rue des Ursulines, procédait à de gros travaux de réfection pour ouvrir la première salle des Studios. Les 400 premiers adhérents avaient des objectifs on ne peut plus clairs : " Par notre action culturelle, nous, les fondateurs des Studio, nous voulions contribuer à un changement de société. " grâce à un travail en profondeur auprès du public : programmation indépendante, diffusions d'informations sur les films grâce à des Carnets mensuels, rencontres avec des réalisateurs…

Avec 1968, se réaffirment les orientations militantes et culturelles des Studio, notamment avec la création du CNP (Cinéma National Populaire), moyen d'expression de la vie associative, syndicale et politique et avec l'ouverture d'une deuxième salle de 48 places, le " Mini ". En 1971, c'est l'ancien Casino de la rue Edouard Vaillant (qui deviendra plus tard le Bateau Ivre) qui devient le Studio 3. Alors que la fréquentation des autres salles baisse, en 1975, s'ouvre le Studio 4. Puis en 1980, TEC rachète à l'enseignement privé ce qui deviendra l'actuel Studio 3 permettant le regroupement des salles dans un seul lieu, rue des Ursulines.

Malgré le départ du père fondateur en 1981, l'expansion du nombre d'adhérents continue jusqu'au drame du 26 février 1985. Dans la nuit, un terrible incendie ravage le Studio 1 et endommage les deux salles voisines. Accident ou geste criminel lié à la projection du très controversé film de Jean-Luc Godard Je vous salue Marie ? Le mystère reste entier mais heureusement, grâce à un vaste mouvement de solidarité et une souscription initiée par les adhérents et qui rapportera plus de 200 000 F, les salles endommagées rouvriront enfin en août 1987 avec une petite dernière : le Studio 0.

Dans les années 90, le paysage cinématographique de l'agglomération tourangelle va être totalement bouleversé par l'ouverture de deux multiplexes et le développement de la location de films en vidéo. Malgré la concurrence accrue et une concentration de plus en plus importante tant au niveau de la production que de la distribution, les Studio continuent à croire à ce qui leur est cher : défendre un cinéma de qualité présenté exclusivement en VO en essayant de le diffuser pour le plus grand nombre, proposer aux spectateurs tourangeaux des actions culturelles exigeantes mais ouvertes à tous, s'engager dans la vie sociale, politique et culturelle locale…