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Donner envie au public d’aller voir un film raté? C’est notre travail au quotidien !

Edito du carnet du mois de janvier 2014

Donner envie au public d’aller voir un film raté? C’est notre travail au quotidien ! (1)

La veille du jour où la Commission Nationale d'Aménagement Commercial votait à l'unanimité en faveur du projet de complexe Davoine pour Tours Nord (fidèle en cela à son appellation : « aménagement commercial ») se tenait au Sénat un colloque organisé par le GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche) autour de la défense des cinémas indépendants.

Nous vous livrons ci-dessous quelques unes des informations et réflexions les plus pertinentes qui soient sorties de ces débats.

 

La question d'un cinéma indépendant n'est pas séparable de son contexte politique.

La diversité et l'exception culturelle n'ont de sens que si la culture dans son ensemble n'est pas traitée comme une marchandise et si un réseau de salles indépendantes se maintient de manière suffisamment large pour permettre l'accès de l'ensemble du public à des œuvres diverses et diversifiées. Pourtant, la situation actuelle n'est déjà pas vraiment satisfaisante puisque la moitié des films Art et Essai ne sortent que dans moins de vingt salles sur l'ensemble du territoire. L'uniformisation des circuits de distribution (quelques groupes de plusieurs centaines d'écrans chacun « trustant » 60% du total des entrées nationales (contre 50% il y a 10 ans)) va automatiquement favoriser une uniformisation des films projetés (les films américains ont ainsi représenté 60% des entrées cette année, contre 45% l'an passé). Et tout cela se double d'un assez admirable cynisme comme le montre la citation-titre de cet éditorial.

 

La liberté du renard libre dans le poulailler de poules libres

En admettant même que la culture puisse être conçue comme une simple marchandise, on s'aperçoit très vite que la concurrence soit disant libre est en fait foncièrement faussée, par les règles mêmes du jeu puisque 65% des films sortis chaque année sont labellisés Art et Essai, ce qui permet à de grands circuits de distribution d'obtenir des soutiens du CNC pour des films qu'ils ne projettent que pour, précisément,obtenir ces soutiens. Si l'on imagine aisément qu'il faut protéger les cultures locales contre l'uniformisation déferlant depuis des pays à fort pouvoir économique, on comprend tout aussi bien qu'il est illusoire d'imaginer qu'il puisse exister une concurrence libre et non déloyale entre des groupes totalisant plusieurs centaines d'écrans chacun (2) et des indépendants disposant tout au plus de 7 écrans (ce qui est très rare!) comme les Studio. Mais on voit aussi qu'il faudrait envisager une nouvelle donne législative pour éviter que les barrières actuelles censées protéger la diversité (3) ne soient en fait détournées de leur fonction première. C'est à cela que le GNCR travaille, qui entend faire déposer un projet de loi au printemps prochain...

 

(1)  Déclaration du responsable de l'un des groupes de distribution cinématographique... lefigaro.fr 2 Octobre 2013. Ce n'est pas si souvent que nous citons le Figaro dans ces pages...

(2) à titre indicatif : 413 pour CGR, 983 pour Europalaces, 150 pour Ciné-alpes en 2011.

(3) On peut aussi signaler qu'avec leurs 7 salles, les Studio projettent plus de films que les deux multiplexes de la ville réunis...

 

NB : Le gouvernement a annoncé une baisse de la TVA sur les places de cinéma (de 7 % à 5,5 %) au 1er janvier 2014. Lorsque le précédent gouvernement avait décidé d'augmenter la TVA, nous avions choisi de ne pas répercuter cette hausse, raison pour laquelle nous ne répercuterons pas cette baisse...

 

 

 

 

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